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Barbara
Constantine : une femme qui rit

Barbara
cest un rire, un torrent de rire, qui explose dans la bouche
dune brindille de femme. Cette danseuse ironique, cette scripte
de cinéma renommée, cette potière, oui elle
est tout cela à la fois, vient dajouter une quatrième
corde à son arc : la voici désormais écrivaine.
Son premier roman, Allumer le chat, aux éditions Calmann-Lévy
est une histoire de doux dingues qui finit dans une apothéose
de délire. Un de ses premiers lecteurs, Daniel Picouly la
salue ainsi : "Bonne nouvelle ! Les Deschiens ont fait un enfant
à Queneau et le chat se porte bien. Allumer le chat, cest
un feu dartifices."
Née américaine à Nice, à deux pas des
studios de la Victorine, où tournait son père, Eddie
Constantine, à quelques kilomètres de la Principauté
où sa mère, Helene était danseuse étoile
dans les Ballets de Monte-Carlo, Barbara a été danseuse
comme maman, a appris la musique comme papa dont le premier métier
était chanteur dopéra (plus tard il connaîtra
le succès avec "Cigarettes whisky et ptites pépées"
ou "Et bailler et dormir"). Cette star des années
50 avait créé le personnage de Lemmy Caution, un privé
à laccent délicieusement américain. Ses
principaux films en France : La môme vert de gris, Les femmes
préfèrent le mambo, mais aussi Alphaville de Godard
(1).
Ses débuts au cinéma, Barbara les fera dans Une
baleine qui avait mal aux dents de Jacques Bral où la
vedette sappelait Eddie Constantine. La jeune femme affirme
que ce nest pas parce quon parlait anglais à
la maison quelle a ce soupçon daccent américain.
Mais ne nie pas que si elle est devenue scripte, tournant notamment
avec Robert Altman (Vincent & Théo), Cédric
Klapisch (Les poupées russes), Tim Roth, Andrzej Zulawski
(La fidélité) Juliet Berto (Neige),
Thomas Gilou, Jean-Pierre Mocky, Olivier Assayas, Raoul Ruiz, etc,
cest un peu une histoire de famille. Ses meilleurs souvenirs
: un tournage en Ethiopie avec Tim Roth, La Peste de Luis
Puenzo où "chaque fois que jallais chercher William
Hurt dans sa loge je le trouvais en larmes et jessayais de
le consoler de sa dépression", le tournage du premier
film comme réalisateur de Michel Piccoli, "un homme
vraiment formidable" et le dernier de Mastroiani quelques mois
avant sa mort.
Le statut dintermittent du spectacle na pas que des
inconvénients. Cest dans une période de chômage
que Barbara Constantine a écrit Allumer le chat. Elle
aurait pu être réalisatrice de film. "Il y en
a tellement qui sont prêts à tout pour ça. De
toute façon je men fous de nêtre pas réalisatrice
depuis que jai trouvé lécriture. Ecrire,
je le décide quand je veux et personne ne me dit : Cest
comme ça !"
Alors un jour elle a acheté un ordinateur et est partie à
la campagne. "Jai écrit la première page,
je lai effacée, jai recommencé, je lai
effacée, etc. Jai décidé finalement de
mattaquer à la deuxième page en laissant la
première pour plus tard. 120 pages sont arrivées comme
ça. Jai fait des chapitres courts car je voulais pouvoir
être lue par des gens qui ne lisent pas dhabitude. Et
que ça les fasse rire. Je ne conçois pas la vie sans
rire." Allumer le chat est aussi un roman bourré
démotions qui raconte des vies esquintées par
le sort. "Rire et pleurer cest presque pareil" explique
Barbara.
"Etre édité cest comme un rêve. Je
suis super contente. Mais ce qui me fait le plus plaisir cest
que mes personnages vont continuer à exister. Grâce
à ces lecteurs que jespère, je vais découvrir
dautres facettes de Raymond, Mine, Rémi, et tous les
autres. Cest gé-nial !" Et elle rit la bougresse
(1) Cette carrière avait commencé entre
1936 aux Etats-Unis avec Born to dance, poursuivie en France
de 1953 à 1970 et en Allemagne de 1971 à 1993. Dans
sa longue filmographie, des films sous la direction de Fassbinder,
Alex Joffé, William Klein, Agnès Varda, etc.
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