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IV.
L'amour dans les romans pour les adolescents (suite)

Des barrières, les relations familiales
L'héroïne a un ami, plus âgé qu'elle. Avec
lui elle fait de la voile. Elle apprend qu'il est son vrai père.
A l'époque, sa mère journaliste fréquentait
cet homme photographe. Ils se retrouvent des années plus
tard en Amérique Latine.

Des barrières, l'origine, la religion, les modes de vie
Burgess Malvin, Un été au bord du fleuve, Gallimard,
Page Blanche :
Deux adolescents, un garçon et une fille, de milieu très
différent, se rencontrent un jour dans des circonstances
assez exceptionnelles. Nous sommes en Angleterre dans les années
30, dans un village. Tony, enfant de la ville habitué au
confort, se retrouve dans une situation de grande pauvreté
suite au départ de son père ; sa mère ne se
remet pas de cette séparation. April, enfant du village,
est très pauvre, sourde, elle n'a aucune communication avec
quiconque. La rencontre engendre une entente profonde et sincère.
Le fleuve, partie intégrante du roman, donne le rythme et
le sens de la nature et apporte l'apaisement.

Ike Chukwuemeka, trad. de l'anglais par Galle Etienne, Fils de
panthère, Dapper, Au bout du monde :
Le narrateur nous accompagne auprès d'un jeune Nigérien
lors de sa première année dans un des meilleurs collèges
du pays. Le monde de l'enfance s'oppose radicalement à celui
qui s'ouvre à lui, par le modernisme, la langue, l'éducation.
Nous suivons la confrontation de deux cultures, de deux civilisations.
Le jeune garçon encouragé par ses parents veut se
libérer des superstitions et du fétichisme. Il doit
reconnaître que le dibia n'a rien d'un charlatan et que la
possession peut s'apparenter à des forces qui dominent contre
son gré mais aussi à un pouvoir surnaturel que l'on
possède.

Dans un contexte historique, Motsch E, Le jardin d'amour amer,
L'école des loisirs, Médium :
La famille Ménétreux, dont le père est un humaniste
protestant et roturier, se pare pour assister à la fête
costumée inaugurant le jardin d'amour à l'italienne
de la famille de Bertrange, leurs voisins nobles et catholiques,
avec lesquels ils vivent en bonne intelligence, et dont le fils
aîné n'est pas insensible au charme de Béatrice
Ménétreux. Mais en cette fin du XVIe siècle,
les guerres de religion vont bientôt ravager les villes et
les campagnes, le cur des hommes, les jardins. C'est pour
Béatrice une période de troubles intérieurs,
tiraillée entre deux soupirants de camps opposés.

Mariage forcé. Chez Syros dans la collection Les uns les
autres, c'est l'amour avec ses contraintes qui est décrit.
La fille des sables, de Jane Hervé et Herma
Kevran, place la jeune fille d'un chef Touareg dans l'obligation
d'accepter le mariage qu'on lui impose.

Des parents qui s'intéressent aux amours de leurs enfants
pour les aider
C'est le cas de la mère de l'héroïne dans Macaron
citron. Sa fille lui a appris son attirance pour une autre fille.
Elle cherche à comprendre. Le père averti lui aussi
par sa fille ne lui répondra que bien plus tard dans une
lettre, lui avouant qu'il ne veut pas en parler, ne peut pas, pas
encore.
Les parents, dans les romans de l'auteur Kondoléon Manos,
font aussi preuve d'attention et de compréhension. C'est
le père qui, vivant seule avec sa fille, se demande comment
aborder les questions de sexualité.
Dans Un goût d'amande amère, L'école
des loisirs, Médium, 1997, les parents aident leur enfant
qui vient d'apprendre que son ex-amie avait le sida.
Dans Cet amour-là d'Eve Dessare, l'adolescente Brigitte
vit assez librement entre sa famille et son petit ami. Elle reproche
à sa mère de ne pas la comprendre. Cette discussion
classique entre une fille et sa mère va prendre une autre
tournure. La mère va confier son douloureux passé
de fille juive pendant la seconde guerre mondiale, son premier amour,
la mort de tous ceux qu'elle aimait. Cette confession va renforcer
les liens.

Des lettres d'amour
L'essence de l'adolescence est justement la lettre d'amour, le poème
d'amour, le journal d'amour, aujourd'hui le téléphone
d'amour. L'ado adore ! C'est le temps des idoles que j'appellerai
"l'idolescence". Comme le dit Frère Laurence à
Roméo dans la pièce de Shakespeare, c'est le temps
où sont confondus l'amour et l'idolâtrerie, le temps
où l'amour n'est pas vraiment dans le cur car il n'est
que dans les yeux. C'est pourquoi les "idolescents" s'entourent
de posters qui ne cessent de les regarder et qu'ils ne cessent de
contempler.

Il faut remarquer la place des lettres dans les romans, les romans
qui se présentent aussi comme une suite d'échanges
épistolaires ou communications téléphoniques.
(Stine RL, trad. par Cantin A., Coups de fil et coups montés,
Milan, Les romans de Julie, 2001).

Dans Les lettres de mon petit frère de Chris Donner,
Mathieu écrit pendant les vacances à son frère
homosexuel qui, pour la première fois, a préféré
partir de son coté.
Michel Amelin, Allô, tu m'aimes ?, Milan, Les romans
de Julie : roman sentimental pour (pré-)adolescentes, à
partir de 10 ans. Chaque court chapitre est la retranscription d'une
conversation téléphonique de Lisa avec un ou une de
ses ami(e)s, mais aussi de deux de ses ami(e)s entre eux/elles.
Confidences, surprises, nouvelles de la vie sentimentale de chacun,
dénouement heureux... (C'est plat, nul, sans aucun intérêt).
Avec le texte de Marie-Hélène Delval, Lettres secrètes,
chez Flammarion Castor Poche Senior, 1999, deux mots, "cher
Nicolas", rythment une correspondance à sens unique.
Mathilde tient en effet un cahier dans lequel elle écrit
régulièrement à Nicolas, l'élu de son
cur. Des lettres qu'elle ne lui envoie jamais, mais qui la
libèrent de ses angoisses.

Il ne faut pas oublier les revues et magazines qui ne manquent pas
de parler d'amour et qui réservent une production destinée
plus particulièrement aux filles (Julie, Muteen).
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