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Familles et générations : vers plus de partage ? (4)
par Geneviève Arfeux-Vaucher
Directeure de recherche, Fondation Nationale de Gérontologie, Paris

Il est pourtant démontré :
  - qu'une meilleure éducation des filles produit à terme une augmentation du niveau économique d'un pays ;
  - que la mixité des classes a entraîné un meilleur niveau scolaire des garçons (l'envers de ce gain du côté des relations sexuées entre garçons et filles au moment de l'adolescence n'est pas à passer sous silence) ;
  - que le travail des femmes (par choix plus que par contrainte) facilite la réussite scolaire de leurs enfants ;
  - que la présence d'arrière-grands-parents qui éprouvent du plaisir à vivre, malgré des handicaps, facilite, chez les plus jeunes, l'intégration de la vieillesse dans leur propre parcours de vie.


Cette dilution des repères anciens met au jour la face noire, cachée des liens familiaux et sociaux antérieurs : les violences familiales, les violences sociales existaient déjà (c'est même le contraire qui serait étonnant) mais restaient officiellement ignorés, car l'honneur ou la respectabilité familiale étaient en jeu ou se répercutaient de génération en génération, en occultant de plus en plus l'origine de ce déshonneur.

D'où la nécessité de pouvoir prendre appui sur un environnement suffisamment sécurisant pour élaborer ce que F. de Singly nomme son guide de bonnes manières.


Liens et partage : quelle relation entre les deux ?

Déjà : le partage est-il nécessaire ?
Le partage est à l'origine de l'organisation sociale, tant chez les humains que chez les animaux qui vivent en société, qu'il faut être deux, de sexe complémentaire, pour se reproduire, des échanges ont été construits pour organiser la vie des groupes de nos ancêtres. Le partage est donc au fondement de la vie en société.
  Partager des tâches, des occupations, des savoirs, du plaisir, du sens :
  - par tout ou rien en part égales ou inégales,
  - selon un principe d'égalité ou d'équité (à chacun selon ses besoins),
  - sur un simple rapport de force entre personnes. Les relation sado-masochistes ou la dialectique maître/esclave.

Ce qui complexifie les choses est l'empilage générationnel actuel : la grand-mère est encore une fille souvent en charge de ses propres parents, voire beaux-parents, sans qu'elle doive oublier pour autant, de se préoccuper de ses enfants et petits-enfants ! Ici, partager devient se partager, en 2 passe encore, en 4 c'est plus difficile…

Au niveau de la société, il y a de fait des partages entre générations. La solidarité au sein de la société repose actuellement sur la mutualisation, et la redistribution pour certains risques. Ces contrats entre les générations sont en partie contestés actuellement car la redistribution attendue pour aujourd'hui, comme pour plus tard, risque fort de ne pas être au rendez-vous de ce que chacun espère.
La solidarité est mise à mal par les évolutions démographiques et économiques ; elle doit évoluer pour rester une solidarité entre les âges.
  - Prendre sa retraite aujourd'hui n'équivaut plus à attendre la mort proche, calé dans son fauteuil, cadeau de départ en retraite de l'entreprise dans les années 60.
  - Si les années de retraite ont changé de visage, les années d'apprentissage aussi : l'entrée stable dans la vie professionnelle se fait de plus en plus tardivement.
  - L'entrée dans la vie familiale aussi : l'âge moyen des femmes à leur première maternité est de 29 ans.
Il y a nécessité de repenser le cycle de vie et donc les liens entre générations tout au long de la vie.
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