
J'essaierai
de montrer dans ce film que les livres sont susceptibles d'induire
une réflexion des jeunes enfants, de stimuler les relations
intergénérationnelles et affectives et de soutenir l'enfant
dans son développement cognitif et dans la construction de
sa personne, dans la structuration de son identité. Je m'attacherai
à étudier comment ils permettent aux enfants un apprentissage
du temps et des générations, des différences
d'expériences entre les élèves mais aussi de
la lecture. Le film sera tourné en équipe réduite
pour plus de discrétion, soit un cameraman, un preneur de son
et un perchman. Un maximum d'éléments d'information
doit pouvoir être déduit par le spectateur. Le but est
de ne faire intervenir les interviews que quand elles sont vraiment
nécessaires à la compréhension, ou quand elles
apportent des compléments d'information.
Je tiens à ce que la réflexion soit davantage basée
sur des émotions et des réactions que suivant un discours
didactique des maîtresses ou de Mme Arfeux-Vaucher. Le plus
possible, les paroles des adultes émaneront de situations d'interactions
entre eux et de discussions. Il
faudra faire en sorte que tout semble arriver le plus naturellement
du monde, sans les ruptures. Le spectateur serait comme un observateur
discret et invisible.

Les efforts visant à réintégrer les personnes
âgées dans la vie de la cité, à lutter
contre les comportements discriminatoires envers celles-ci et les
actions en faveur des rencontres entre les générations
constituent un "patchwork" d'idées qui nous est maintenant
devenu plus que familier, ainsi que sa perception par le cinéma
documentaire. Par contre, l'aspect de la politique de la Fondation
de prévention des difficultés de personnes de tous âges
à trouver leur place dans la société et le mal
de vivre qui guète les centenaires de demain n'avaient encore
jamais, à ma connaissance, été traités
dans un film documentaire.

La production du film

Globalement, l'enseignement dispensé cette année doit
fournir aux dix-sept étudiants de cette promotion les connaissances
leur permettant de construire un dossier de demande de financement
de film documentaire. En plus de l'élaboration d'un plan de
financement, notre
tâche consiste à explorer, examiner, formuler et construire
durant une année (considérée comme la durée
moyenne de la phase d'écriture d'un bon documentaire) le sujet
que chacun souhaite traiter. Un long temps d'observation sur le terrain
est nécessaire afin d'établir un contact de qualité
avec les personnes que l'on souhaite filmer, mais aussi afin d'extraire
des données, idées et anecdotes qui donneront plus de
"densité" à mon projet. Il est nécessaire
que j'observe les réactions des enfants afin de construire
un projet "vivant" dont je puisse décrire une supposée
trame visuelle. Un dossier complet, appelé aussi "dossier
de production" d'un film, est à présenter fin septembre
2006 au jury du Master II. Analogue à tout dossier présenté
à une commission officielle de financement de film (chaîne
TV, CNC, COSIP), il doit contenir un résumé (l'idée
générale en quelques lignes), une note d'intention (qui
correspond aux motivations personnelles du réalisateur), un
traitement filmique (le type d'images et dans quel but) un synopsis
(qui correspond au "plan" du film, à l'enchaînement
supposé des différentes séquences clés).
Ce dossier de production terminé peut être alors proposé
à des sociétés de production de films documentaires.
Il faut trouver un(une) producteur(trice) intéressé(e)
par le projet, prêt(e) à s'investir financièrement
et "artistiquement". Dans ce cas, si le dossier est imparfait,
il sera retravaillé conjointement par le réalisateur
et le producteur(trice). Les problèmes principaux peuvent être
: une rédaction et un point de vue insuffisamment clairs et
précis et/ou un projet bien construit, mais qu'il faut reformuler
car le traitement ne correspond à aucune des lignes éditoriales
des chaînes de télévision auxquelles il est susceptible
d'être vendu. (Je pense que mon sujet est présentable
à la chaîne TV "La Cinquième"). Un préachat
et un accord de diffusion par une chaîne de télévision
constituent l'étape préliminaire avant de soumettre
le dossier aux commissions nationales de soutien à l'industrie
cinématographique et audiovisuelle (par exemple, mais il y
a d'autres financements complémentaires possibles, le CNC :
Centre Nationale de Cinématographie ; le COSIP : Compte de
Soutien à l'Industrie de Programmes). Les chaînes de
télévision reçoivent un nombre extrêmement
important de dossiers. En général, elles font peu confiance
aux réalisateurs débutants ou aux société
de production avec lesquelles elles n'ont jamais travaillé.
C'est assez fastidieux ; cette étape peut prendre des mois.
Elle n'est pas toujours couronnée de succès ! De plus,
un dossier ne peut-être présenté qu'une seule
fois. (Mars 2006) |